| Retraite des salariés
du privé
Ce que change la réforme
Le 1er janvier 2004, la nouvelle loi entre en application. Fonctionnaire
ou salarié du privé, quels sont, en particulier, concernant
le secteur salarié les changements majeurs?
C’est fait! La réforme des retraites a été
votée cet été par le Parlement. La loi du 21 août
2003 entrera en application le 1er janvier 2004. Elle est loin de tout
régler, tant sur le plan financier que social. Ainsi la question
de l’emploi des plus de 50 ans ou celle de la pénibilité
de certains métiers doivent encore être traitées.
Cette réforme se veut progressive et évolutive. Progressive,
car les mesures douloureuses s’étalent sur plusieurs années,
évolutive, car la poursuite de la réforme est soumise à
des rendez-vous où l’on réexaminera l’environnement
économique, financier, social. L’horizon est clarifié,
mais, pour beaucoup, le montant des revenus à venir sera faible.
1 Pourra-t-on toujours partir à 60 ans?
Oui, l’âge légal de départ à la retraite
demeure le même, à deux exceptions près (voir point
n° 4). Toutefois, même à 60 ans, l’on ne peut percevoir
sa retraite à taux plein que si l’on a atteint la durée
de cotisation nécessaire en vigueur au moment de son départ.
Pour les salariés du privé cette double condition (âge
et durée de cotisation) existait déjà avant la réforme;
elle sera toutefois plus difficile à remplir, puisque la durée
de cotisation va augmenter. Ceux qui voudront malgré tout partir
à 60 ans devront se contenter de pensions moindres, mais les pénalités
encourues vont diminuer (voir point n°3) Autre nouveauté: jusqu’à
présent, les employeurs pouvaient mettre d’office un salarié
à la retraite à 60 ans. Cet âge est porté à
65 ans.
2. Qui devra cotiser plus longtemps?
Fonctionnaires Dès le 1er janvier 2004, leur durée de cotisation
va s’allonger pour passer de 37,5 ans aujourd’hui à
40 ans en 2008 (voir le tableau 1).
Fonctionnaires et salariés du privé Le 1er janvier 2009,
une nouvelle augmentation de cette durée, explicitement prévue
par la loi, s’appliquera à tous (voir le tableau 2): elle
passera de 40 à 41 ans en 2012, soit 164 trimestres. Toutefois,
un décret pourra modifier ces dispositions si la situation financière
des régimes de retraite ou celle de l’emploi (notamment des
plus de 50 ans) a changé.
Ensuite, un nouvel allongement est envisagé, portant la durée
de cotisation à près de 42 ans (l’hypothèse
évoquée est de 41 ans trois quarts) en 2020 (voir le tableau
3), sous réserve que l’espérance de vie continue d’augmenter
au rythme actuel.
3. Quelles pénalités pour ceux qui
n’auront pas totalisé les annuités nécessaires?
Actuellement la décote est de 1.25 point par trimestre manquant
pour atteindre soit 160 trimestres, soit 65 ans. A partir de 2004 cette
décote sera progressivement réduite de moitié. A
terme en 2013, elle sera dons de 0.625 point par trimestre manquant
4. Pourra-t-on partir avant 60 ans?
Ceux entrés dans la vie active à 16 ans pourront
partir avant leurs 60 ans s’ils ont travaillé 40 ans . Ceux
ayant commencé à 14 ou 15 ans pourront partir, selon les
cas, après 42 ou 41 ans de cotisation. Cette totalisation s’effectue
avec tout les regimes obligatoires existant ( général, agricole,
artisan commercant …).
5. A-t-on intérêt à travailler
après 60 ans?
Oui, pour tous ceux qui n’ont pas totalisé les annuités
nécessaires. Les autres sont également incités à
continué leur activité pour bénéficier du
mécanisme de la surcote, qui augmente le montant de la retraite
de 3% par année supplémentaire, soit 0,75% par trimestre.
Attention! cette majoration ne s’appliquera qu’aux trimestres
effectués après le 1er janvier 2004.
6. A-t-on intérêt à travailler après 65 ans?
Oui, mais seulement si l’on n’a pas, à cet âge,
totalisé la durée d’assurance nécessaire. La
retraite bénéficiera, dans ce cas, d’une surcote dont
le montant sera fixé par décret.
7. Le niveau des retraites du privé est-il
garanti?
Les titulaires de petites pensions sont l’objet d’un régime
particulier pour préserver un minimum de revenu. Le salarié
ayant fait toute sa carrière au Smic ne pourra pas toucher une
retraite inférieure à 85% de son dernier salaire.
Pour les autres salariés du secteur privé, il n’existe
pas de garantie similaire, mais les mesures décidées, et
en particulier l’allongement de la durée de cotisation, sont
destinées à corriger le déséquilibre financier
des régimes, ce qui constitue une forme de garantie. Mais cette
sécurisation se fait alors que le niveau relatif des retraites
(exprimé en pourcentage du dernier salaire) va baisser en raison
des mesures décidées dans le cadre de la réforme
Balladur de 1993, conjuguée à celle des régimes complémentaires
(1996, révisée en 2001).
La réforme Fillon, elle, ne porte pas atteinte au niveau des pensions,
à une exception près: elle modifie le coefficient «de
proratisation». De quoi s’agit-il? En pratique, dans la formule
permettant de déterminer le montant de la retraite, on divisera
désormais le nombre de trimestres effectivement cotisés
par un coefficient de 160 (l’équivalent en trimestres de
40 années de travail) et non plus de 150 (37,5 ans). Ce qui pénalisera
un peu plus ceux qui n’auront pas totalisé leurs 40 années
de cotisation. Le coefficient augmentera progressivement à raison
de deux trimestres par an (152 pour 2004) à partir du 1er janvier
2004 jusqu’en 2008.
8. Quelles garanties de revenu pour les bas salaires?
Aujourd’hui un salarié ayant fait une carrière complète
au Smic (soit 40ans) touche une pension «portée au minimum
contributif»: car le calcul brut de sa retraite donne une somme
inférieur à ce seuil minimal de 6 935,07 € par an,
et la pension est automatiquement portée à ce niveau plancher.
Pour revaloriser les retraites des bas salaires, la loi a prévu
une augmentation du minimum contributif de 3% en 2004, puis en 2006 et
en 2008. Les titulaires de salaires voisins du Smic (jusqu’à
15% de plus) verront également leur pension revalorisée
par rapport à ce qu’elle aurait été sans la
réforme, sans toutefois garantir un minimum.
9. Quelles répercussions sur les retraites
complémentaires?
Les partenaires sociaux qui gèrent celles-ci (Arrco et Agirc) vont
négocier des moyens financiers nécessaires pour tenir compte
des conséquences de la réforme sur les régimes complémentaires
qu’ils gèrent. Il s’agit surtout de permettre aux salariés
ayant commencé à travailler très tôt de partir
avant 60ans et d’adapter les conditions d’accès au
retraite à taux plein dans les mêmes condition que les régimes
généraux.
10. Les femmes?
Pas de changement majeur, chaque enfant élevé donnant toujours
droit à une majoration de huit trimestres de la durée d’assurance.
Toutefois, les femmes vont bénéficier d’une série
d’améliorations (modestes) destinées aux petits salaires,
dont elles représentent une forte proportion. Revalorisation des
pensions des bas salaires ; fin de la prise en compte, dans le calcul
de la retraite, des années où le nombre d’heures de
travail est très faible, laquelle faisait chuter le montant de
la pension; possibilité de cotiser à temps plein en cas
de travail à temps partiel.
11. La pension de reversion
A compter du 1er juillet 2004 elle sera progressivement accessible à
tout age, quelle que soit la durée du mariage et même si
un remariage a eu lieu. Les règles de limites de cumul entre les
retraites personnelles et celle de reversion sont supprimés. Après
l’attribution, le titulaire de la retraite de reversion sera soumis
à un contrôle de ressources régulier. Le plafond de
ressources pour l’obtention ce cette prestation est maintenue.
12. Les cotisations vont-elles augmenter?
Oui, la cotisation vieillesse va augmenter de 0,2% en 2006. Cette hausse
sera probablement répartie à parts égales entre employeurs
et salariés. Après 2008, les cotisations vont encore augmenter,
car l’allongement de la durée de cotisation ne finance qu’un
tiers des besoins à venir. La hausse sera environ de 10 milliards
d’euros. Le seul espoir des salariés est qu’elle soit
compensée par une baisse équivalente des cotisations chômage
grâce à une hypothétique amélioration de l’emploi.
13. Quelles améliorations pour les «pluripensionnés»?
Le calcul de la retraite de ces personnes ayant cotisé à
plusieurs régimes va connaître une série d’améliorations.
Par exemple, pour quelqu’un qui a passé 20 ans dans un régime
et 20 dans un autre, on retiendra les 12,5 meilleures années de
l’un et les 12,5 meilleures années de l’autre, alors
qu’aujourd’hui la retraite est calculée sur la moyenne
de tous les salaires, ce qui inclut les périodes où ils
étaient le plus faibles. Patronato ACLI ( source CNAV).
Questcequecest ?
Le forfait hospitalier
La loi n°83-25 du 9 janvier 1983 instaure la participation des malades
aux frais hôteliers. Cette participation prend la forme d’un
montant journalier forfaitaire lors d’une admission dans les établissements
d’hospitalisations publics, privés et médico-sociaux,
sauf dans les centres ou unités de soins de longue durée
publics ou privés et les établissements pour personnes âgées.
Ce montant est de 10,67 euros (70 francs) par jour depuis le 1er janvier
1996. Il va être porté dans le cadre de loi de réforme
de la sécurité sociale à 13 euros.
La notion d’admission couvre l’ensemble du séjour,
de la date d’entrée à la date de sortie, pour tout
séjour d’une durée supérieure à 24 heures.
En conséquence, le forfait n’est pas facturé aux consultants
externes, aux malades dont le séjour est inférieur à
24 heures (sauf lorsque le séjour est à cheval sur deux
journées consécutives), aux malades admis pour des séances
de soins spécifiques, aux malades hospitalisés à
domicile, aux malades dont le séjour est lié à une
interruption volontaire de grossesse, aux malades bénéficiant
d’une permission de sortie et aux malades transférés
dans un autre établissement de santé ou dans un établissement
médico-social.
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